Photo d'un agent de l'aéroport s'apprêtant à mettre du SAF dans un jet privé

Carburant d'aviation durable (SAF) : ce qu'il faut savoir

Qu'est-ce que le SAF ?

Le SAF est une alternative plus propre au kérosène fossile, le Jet A-1. Là où le kérosène traditionnel est raffiné à partir de pétrole, le SAF est produit à partir de ressources renouvelables :

  • les huiles de cuisson usagées et les graisses animales ;
  • les déchets agricoles et forestiers ;
  • les déchets ménagers solides ;
  • les carburants de synthèse issus de la capture du carbone, dits « e-fuels » ou power-to-liquid.

Chimiquement très proche du kérosène, il s'y substitue sans rien changer à la nature du vol.

De combien le SAF réduit-il les émissions ?

L'atout du SAF tient à son bilan sur le cycle de vie — de la production à la combustion. Selon l'IATA, il réduit les émissions de CO2 jusqu'à environ 80 % sur la filière aujourd'hui dominante (les huiles usagées, dite HEFA), et davantage — au-delà de 90 % — pour les carburants de synthèse les plus avancés. Il contient par ailleurs moins d'impuretés, comme le soufre, ce qui limite les émissions de particules fines. Une précision s'impose : ces gains valent sur l'ensemble du cycle de vie ; à la combustion, le SAF émet une quantité de CO2 comparable au kérosène — la réduction provient de la capture de carbone en amont, lors de la croissance de la biomasse ou du captage direct.

Un carburant « drop-in », sans modifier l'avion

Le SAF est dit « drop-in » : prêt à l'emploi, il se mélange au kérosène et s'utilise dans les moteurs existants, sans aucune modification technique.

  • Sécurité : il répond aux mêmes normes strictes de sécurité et de performance que le Jet A-1.
  • Logistique : il emprunte les infrastructures de ravitaillement déjà en place dans les aéroports.

À ce jour, les appareils sont certifiés pour un mélange allant jusqu'à 50 % de SAF ; motoristes et avionneurs visent une compatibilité 100 % d'ici la fin de la décennie. Pour comprendre comment ce carburant brûle dans le réacteur, voir notre article sur le fonctionnement d'un moteur à réaction.

La réalité du marché : une montée en puissance progressive

Le SAF n'est pas un concept lointain — mais il reste rare. En 2025, sa production a atteint environ 1,9 million de tonnes, soit le double de 2024… et toujours de l'ordre de seulement 0,6 % du carburant aérien mondial, selon l'IATA. Le frein principal n'est pas la technologie, mais l'offre : la production peine à suivre la demande, et le SAF coûte sensiblement plus cher que le kérosène. Le dire clairement relève d'une approche honnête de la décarbonation : le SAF est un levier réel et disponible aujourd'hui, mais il s'inscrit dans une transition, non dans une bascule instantanée.

Le cadre réglementaire : le mandat ReFuelEU

Pour accélérer, l'Union européenne impose, depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, une part minimale de SAF dans le carburant chargé au départ des aéroports européens, via le règlement ReFuelEU Aviation. La trajectoire est croissante :

Année Part minimale de SAF (aéroports de l'UE)
2025 2 %
2030 6 %
2035 20 %
2050 70 %

Cette obligation s'ajoute à d'autres pressions sur le secteur, comme la fiscalité — voir notre article sur la taxe française sur les jets privés.

Le « book and claim » : financer le SAF même à distance

Le SAF n'est pas physiquement disponible dans tous les aéroports. Le mécanisme dit « book and claim » permet de découpler l'achat du carburant de sa livraison : on finance une quantité de SAF injectée ailleurs dans le réseau mondial, et l'on s'en attribue la réduction d'émissions, de façon tracée et certifiée. C'est ce qui rend l'usage du SAF possible quel que soit votre point de départ, sans attendre que chaque aéroport en soit doté.

Le SAF avec IBC Aviation

Réduire l'empreinte d'un vol sans renoncer à la flexibilité de l'aviation privée : c'est l'équilibre que nous aidons nos clients à trouver. IBC Aviation intègre le SAF aux missions lorsque c'est possible et oriente vers les appareils les plus sobres de notre flotte — la motorisation et l'aérodynamique pesant autant que le carburant dans le bilan d'un vol. Pour louer un jet privé et étudier l'option SAF sur votre prochain déplacement, vers ou depuis toute destination, nos équipes établissent un devis personnalisé, tout compris, sous une heure. Disponibles 24h/24 et 7j/7 :

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le SAF (carburant d'aviation durable) ?

Un carburant produit à partir de ressources renouvelables — huiles usagées, déchets, carbone capté — chimiquement proche du kérosène, qui réduit les émissions de CO2 d'un vol sur l'ensemble de son cycle de vie.

De combien le SAF réduit-il les émissions de CO2 ?

Selon l'IATA, jusqu'à environ 80 % sur le cycle de vie pour la filière dominante (huiles usagées), et au-delà de 90 % pour les carburants de synthèse les plus avancés.

Faut-il modifier l'avion pour utiliser du SAF ?

Non. Le SAF est « drop-in » : il se mélange au kérosène et s'utilise dans les moteurs existants, sans modification, jusqu'à un mélange de 50 % aujourd'hui certifié.

Le SAF est-il déjà disponible ?

Oui, mais en quantité encore limitée : sa production ne représentait qu'environ 0,6 % du carburant aérien mondial en 2025, selon l'IATA. L'offre est le principal frein.

Le SAF coûte-t-il plus cher que le kérosène ?

Oui, sensiblement, en raison d'une production encore restreinte. Le surcoût se réduira à mesure que les capacités de production augmenteront.

Qu'est-ce que le mandat ReFuelEU ?

Un règlement européen imposant, depuis 2025, une part minimale de SAF au départ des aéroports de l'UE : 2 % en 2025, 6 % en 2030, 20 % en 2035 et 70 % en 2050.

Qu'est-ce que le « book and claim » ?

Un mécanisme qui découple l'achat du SAF de sa livraison physique : on finance du SAF injecté ailleurs dans le réseau et l'on s'en attribue la réduction d'émissions, de manière tracée et certifiée.

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